Quartiers sans voiture en Suisse : l’immobilier durable réinventé

Quartiers Sans Voiture Suisse Immobilier Durable

Lausanne et Bâle expérimentent depuis plusieurs années des quartiers résidentiels où la voiture est strictement limitée, voire absente. Ces projets pilotes visent à réduire les émissions de CO₂, optimiser l'usage du sol et transformer les modes de vie urbains.

Écoquartier Plaines-du-Loup à Lausanne : mobilité douce et zéro voiture

Au nord de Lausanne, l'écoquartier des Plaines-du-Loup constitue l'un des projets urbains les plus ambitieux du pays. Développé dans le cadre du programme municipal « Métamorphose », il doit accueillir à terme environ 8 000 habitants et 3 000 emplois. (Source rtn.ch)

La conception du quartier repose sur une limitation volontaire de la circulation automobile. Les parkings sont regroupés dans des infrastructures périphériques, tandis que l'intérieur du quartier privilégie les déplacements à pied, à vélo et en transports publics. Cette organisation permet de libérer de l'espace pour des zones piétonnes, des parcs et des équipements collectifs, tout en réduisant le bruit et la pollution.

Au sein de ce nouveau quartier, certaines coopératives d'habitation ont adopté une approche encore plus radicale. La coopérative Ecopolis encourage ses résidents à renoncer à la voiture individuelle en favorisant l'autopartage, les abonnements de transports publics et les infrastructures cyclables. (Source ecopolis.ch)

Quartier Erlenmatt à Bâle : reconversion urbaine sans voiture

Un autre exemple significatif se trouve à Bâle, où le quartier d'Erlenmatt a été construit sur l'ancien site d'une gare de triage. Le projet combine logements, commerces et espaces publics autour d'un grand parc central, dans un environnement où la circulation automobile est limitée.

Les rues y sont conçues comme des espaces partagés, donnant la priorité aux piétons et aux cyclistes. L'objectif est de créer un quartier compact où la plupart des besoins quotidiens — écoles, commerces, espaces de loisirs — sont accessibles à pied. (Source Basel.com)

Parallèlement, les stratégies institutionnelles évoluent. Sur son propre campus, l'EPFL s'est fixé pour objectif de réduire de 30 % le nombre de places de stationnement d'ici 2030, illustrant la volonté des grandes institutions suisses d'utiliser la gestion du stationnement comme outil de transition vers une mobilité plus durable. (Source Epfl.ch)

Pour les urbanistes, ces quartiers fonctionnent ainsi comme des laboratoires à échelle réelle, permettant d'observer l'interaction entre aménagement spatial, infrastructures de transport et pratiques sociales. Leur multiplication dans plusieurs villes suisses offre un terrain d'étude empirique précieux pour évaluer la reproductibilité de ces modèles dans d'autres contextes urbains et pour orienter l'évolution des normes de planification, notamment en matière de stationnement, de mixité fonctionnelle et de conception des espaces publics.

Ces projets s'inscrivent pleinement dans les cadres nationaux de durabilité, tels que le SNBS Quartier ou SEED, qui définissent des critères pour des quartiers à faible impact environnemental et écologique des bâtiments. En s'appuyant sur ces référentiels, la Suisse expérimente un urbanisme capable de concilier densification, qualité de vie et transition climatique.

Contactez-nous

Partagez cette actualité